DPGF, décomposition du prix global et forfaitaire : à quoi elle sert, ce qu'elle contient, qui la rédige, sa valeur contractuelle, la différence avec le DQE et le BPU, et un exemple commenté.
Par Antoine Matras — Fondateur de REDACT BTP, 10 ans d'expérience en gros œuvre
La DPGF (décomposition du prix global et forfaitaire) est le tableau qui détaille, poste par poste, le prix d'un marché de travaux passé à prix global et forfaitaire : pour chaque ouvrage, une désignation, une unité, une quantité, un prix unitaire et un montant. Préparée par la maîtrise d'œuvre et complétée par l'entreprise, elle sert à comparer les offres et à payer l'avancement des travaux. Le prix qui engage reste le prix global : une quantité fausse dans la DPGF ne modifie pas, en principe, le forfait.
Six lettres présentes dans presque tous les dossiers de consultation de travaux. La DPGF est pourtant souvent remplie à la hâte, la veille de la remise des offres, alors qu'elle accompagne un prix forfaitaire qui engage l'entreprise. Voici ce qu'elle est, ce qu'elle contient, et ce qu'il faut vérifier avant d'y écrire un prix.
DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. Dans un marché à prix global et forfaitaire, l'entreprise s'engage sur un prix total pour réaliser l'ouvrage décrit au dossier ; la DPGF décompose ce prix en postes pour le rendre lisible et comparable.
On la trouve dans la plupart des marchés de travaux de bâtiment, à raison d'un cadre par lot, avec en général les mêmes chapitres et la même numérotation que le CCTP du lot.
Comparer les offres. L'acheteur et la maîtrise d'œuvre lisent les prix poste par poste, repèrent les écarts entre entreprises et les postes oubliés ou mal compris.
Contrôler le prix. Un poste à zéro ou anormalement bas signale une incompréhension du CCTP, ou peut conduire l'acheteur à demander des justifications sur une offre anormalement basse.
Payer l'avancement. Pendant le chantier, les situations de travaux sont souvent établies à partir des postes de la DPGF, au pourcentage d'avancement de chacun.
Évaluer les modifications. Les prix unitaires de la DPGF servent de base pour chiffrer des travaux en plus ou en moins demandés en cours de chantier.
Chaque ligne correspond à un ouvrage ou à une prestation, repéré par le numéro de l'article du CCTP qui le décrit. L'unité dit comment l'ouvrage est compté : à l'unité (U), au mètre linéaire (ml), au mètre carré (m²), au mètre cube (m³), au kilo, ou à l'ensemble (ens, ft) pour une prestation forfaitaire comme l'installation de chantier.
En bas du cadre figurent le total hors taxes du lot, la TVA et le total toutes taxes comprises. Ce total doit correspondre au montant porté à l'acte d'engagement.
| Colonne | Ce qu'elle contient | Qui la remplit |
|---|---|---|
| N° | Numéro de l'article du CCTP | Maîtrise d'œuvre |
| Désignation | Libellé de l'ouvrage ou de la prestation | Maîtrise d'œuvre |
| Unité | U, ml, m², m³, kg, ens, ft | Maîtrise d'œuvre |
| Quantité | Quantité de l'ouvrage | Maîtrise d'œuvre, ou l'entreprise selon le RC |
| Prix unitaire HT | Prix d'une unité, fournitures et main-d'œuvre comprises | Entreprise |
| Montant HT | Quantité × prix unitaire | Entreprise |
Extrait d'une DPGF de lot gros œuvre. Les quantités et les prix sont des illustrations, pas des références de prix.
Ce qu'il faut lire dans cet extrait. Le poste 2.3 dit « y compris armatures » : l'acier n'a pas de ligne à part, son coût doit entrer dans le prix du mètre cube de béton. Même chose pour le treillis soudé du dallage en 2.4. Ces ouvrages induits, inclus sans être détaillés, sont la première source d'oubli au chiffrage. Le poste 2.5 est compté à l'ensemble : un seul prix pour toute l'installation de chantier.
| N° | Désignation | U | Qté | PU HT | Montant HT |
|---|---|---|---|---|---|
| 2.1 | Terrassement en pleine masse, évacuation des terres | m³ | 420 | 18,00 € | 7 560,00 € |
| 2.2 | Béton de propreté sous fondations, ép. 5 cm | m² | 95 | 12,50 € | 1 187,50 € |
| 2.3 | Semelles filantes en béton armé, y compris armatures | m³ | 38 | 265,00 € | 10 070,00 € |
| 2.4 | Dallage sur terre-plein, ép. 13 cm, y compris treillis soudé | m² | 310 | 58,00 € | 17 980,00 € |
| 2.5 | Installation de chantier | ens | 1 | 6 500,00 € | 6 500,00 € |
| Total HT de l'extrait | 43 297,50 € |
Le cadre est préparé par la maîtrise d'œuvre (architecte, économiste de la construction ou bureau d'études) en même temps que le CCTP, au stade du dossier de consultation. L'entreprise le complète avec ses prix.
Deux cas se présentent. Soit les quantités sont pré-remplies par la maîtrise d'œuvre, et l'entreprise doit les vérifier. Soit la colonne est vide et les quantités sont à la charge de l'entreprise, qui doit faire son propre métré sur les plans.
Sauf si le règlement de consultation l'autorise, on ne modifie pas le cadre : pas de ligne supprimée, pas de libellé réécrit. Un ouvrage manquant ou une quantité douteuse se signale par une question à l'acheteur pendant la consultation.
Cela dépend du marché : la liste des pièces contractuelles, donnée par le CCAP ou l'acte d'engagement, dit si la DPGF en fait partie. Mais même contractuelle, elle ne remet pas en cause le forfait : le prix global couvre l'ouvrage décrit par les pièces du marché.
Si une quantité est sous-estimée, ou si un ouvrage décrit au CCTP n'a pas de poste, l'écart est en principe à la charge de l'entreprise. C'est pourquoi une DPGF se contrôle avant d'y écrire un prix.
Si le total de la DPGF et le montant de l'acte d'engagement ne concordent pas, le règlement de consultation précise en général lequel prévaut et comment l'erreur est rectifiée : à vérifier avant la remise.
En marché à prix unitaires, l'entreprise est payée sur les quantités réellement exécutées, au prix du bordereau. En marché forfaitaire, elle est payée le prix global, quelles que soient les quantités. Un même dossier peut mêler les deux, par exemple un lot au forfait avec quelques prestations à prix unitaires.
| Pièce | Type de prix | Ce qui engage |
|---|---|---|
| DPGF — décomposition du prix global et forfaitaire | Prix global et forfaitaire | Le prix total, pour l'ouvrage décrit |
| BPU — bordereau des prix unitaires | Prix unitaires | Chaque prix unitaire, appliqué aux quantités réellement exécutées |
| DQE — détail quantitatif estimatif | Prix unitaires | En principe rien : il applique les prix du BPU à des quantités estimées pour comparer les offres |
Oublier les ouvrages induits. Les « y compris » du CCTP (armatures, enduits, calfeutrements, raccordements) doivent entrer dans les prix des postes concernés.
Reprendre les quantités sans les vérifier. Une quantité pré-remplie peut être fausse ; au forfait, l'écart est pour vous.
Mal lire l'unité. Un prix calculé au mètre carré sur une ligne comptée au mètre linéaire fausse tout le poste.
Laisser un poste vide ou à zéro sans explication. Il peut rendre l'offre irrégulière, ou faire croire à une incompréhension du CCTP.
Pour quel type d'entreprise ?
Le DPGF contrôleur de REDACT BTP confronte la DPGF au CCTP et aux plans (PDF, DWG, DXF) : ouvrages induits quantifiés en sous-lignes, quantités vérifiées, ouvrages dessinés sans poste, et questions prêtes pour la maîtrise d'œuvre. La DPGF contrôlée est livrée en Excel.
DPGF signifie décomposition du prix global et forfaitaire. C'est le tableau qui détaille, poste par poste, le prix d'un marché de travaux passé à prix global et forfaitaire : désignation, unité, quantité, prix unitaire et montant de chaque ouvrage.
La DPGF décompose un prix global et forfaitaire : c'est le prix total qui engage. Le DQE accompagne un marché à prix unitaires : il applique les prix du bordereau (BPU) à des quantités estimées pour comparer les offres, et l'entreprise est ensuite payée sur les quantités réellement exécutées.
La maîtrise d'œuvre prépare le cadre (articles, désignations, unités, souvent les quantités). L'entreprise y porte ses prix unitaires et ses montants, et parfois ses propres quantités lorsque le règlement de consultation les met à sa charge.
Cela dépend de la liste des pièces contractuelles fixée par le CCAP ou l'acte d'engagement. Dans tous les cas, le prix global reste forfaitaire : une erreur de quantité ou un ouvrage sans poste est en principe à la charge de l'entreprise.
Seulement si le règlement de consultation le prévoit ou si les quantités sont à la charge de l'entreprise. Sinon, une quantité jugée fausse se signale par une question à l'acheteur pendant la consultation.