Plan d'installation de chantier : ce qu'il doit montrer (accès, clôtures, base vie, stockage, levage, réseaux, déchets), qui le réalise, quand le fournir, et comment le présenter dans un mémoire technique.
Par Antoine Matras — Fondateur de REDACT BTP, 10 ans d'expérience en gros œuvre
Le plan d'installation de chantier (PIC) est le plan, à l'échelle, qui montre comment le chantier sera organisé sur le terrain : clôtures et accès, circulations des véhicules et des piétons, base vie, zones de livraison et de stockage, moyens de levage et leur zone de survol, réseaux provisoires, gestion des déchets et protection des tiers. Il est établi par l'entreprise, souvent le lot gros œuvre ou l'entreprise générale, pendant la période de préparation, et il est fréquemment demandé dans le mémoire technique.
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Dans un mémoire technique, le plan d'installation de chantier est souvent la première image que le correcteur regarde. Il dit en un coup d'œil si l'entreprise a compris le site : par où arrivent les camions, où vivent les équipes, où tourne la grue, comment on protège les riverains. Voici ce qu'il doit contenir, qui le réalise, et comment le rendre utile plutôt que décoratif.
Le PIC organise le chantier avant qu'il commence. Il fixe l'emprise, les accès, l'emplacement de chaque installation et les circulations, pour que les livraisons, le levage et le travail des équipes ne se gênent pas, et pour que les tiers restent protégés.
Il sert aussi à se coordonner. Sur un chantier à plusieurs entreprises, il montre les installations communes (base vie, bennes, accès) et sert de support aux échanges avec le coordonnateur SPS et la maîtrise d'œuvre. Dans les marchés qui appliquent le CCAG Travaux, le projet des installations de chantier fait partie des documents que l'entreprise présente au visa du maître d'œuvre pendant la période de préparation.
Enfin, il convainc. Dans un mémoire technique, un PIC précis prouve que l'entreprise a regardé ce site-là, ses accès et ses contraintes, et pas un chantier type.
Un PIC se dessine sur le plan de masse du projet, à l'échelle, avec le nord, une légende et les cotes utiles. Voici les éléments à faire apparaître.
| Élément | Ce qu'on y représente |
|---|---|
| Emprise et clôtures | Limites du chantier, type de clôture (barrières, palissade), portails et leurs largeurs |
| Accès et circulations | Entrée et sortie des véhicules, sens de circulation, cheminements piétons séparés, accès des secours, hauteurs limites |
| Base vie | Vestiaires, réfectoire, sanitaires, bureau de chantier, salle de réunion |
| Livraison et stockage | Aire de déchargement, zones de stockage balisées, horaires de livraison si le site l'impose |
| Levage | Grue (position, rayon, zone de survol), monte-matériaux, emplacement de la pompe à béton |
| Réseaux provisoires | Branchements d'eau et d'électricité, armoire de chantier, évacuation des eaux, éclairage |
| Déchets | Bennes de tri, emplacement, accès du camion pour la rotation |
| Sécurité et tiers | Signalisation, protection des riverains, des usagers et des piétons, zones interdites |
Le Code du travail impose des installations d'hygiène sur les chantiers : vestiaires, lavabos et, selon la nature des travaux, douches, toilettes, un local pour prendre les repas, et de l'eau potable. Leur nombre et leur taille dépendent de l'effectif présent sur le chantier.
Sur un chantier à plusieurs entreprises, le plan général de coordination (PGC) établi par le coordonnateur SPS précise souvent quelles installations sont communes et qui les fournit. Le PIC doit être cohérent avec ce document : une base vie dessinée là où le PGC en prévoit une autre est une incohérence que le correcteur relève.
Dans un marché en lots séparés, les installations générales du chantier sont souvent confiées au lot gros œuvre ou à l'entreprise mandataire : c'est lui qui établit le PIC d'ensemble, que chaque lot complète pour ses propres besoins (stockage, levage, horaires). En entreprise générale, c'est l'entreprise générale.
Le PIC se prépare deux fois. Une première version accompagne l'offre, dans le mémoire technique, à partir des plans du DCE et de la visite. Une version détaillée est établie pendant la période de préparation, puis mise à jour à chaque grande phase : un chantier ne s'organise pas de la même façon pendant les terrassements, le gros œuvre et le second œuvre.
La cohérence avec le site. Accès étroit, hauteur limitée, voie publique, site occupé, riverains sensibles : le PIC doit répondre aux contraintes que le DCE et la visite ont révélées, en les nommant.
La cohérence avec la méthode et le planning. Si la méthodologie prévoit une pompe à béton, le PIC montre où elle stationne et par où passent les tuyaux ; si le planning prévoit une grue, sa zone de survol apparaît, avec ce qu'elle survole.
Exemple tiré d'un mémoire gros œuvre noté 20/20 : en sous-sol d'un bâtiment occupé, le plan d'accès annoté montrait le cheminement des poids lourds, une zone de déchargement tampon, les hauteurs limites (2,10 m et 2,70 m), l'acheminement des matériaux au transpalette et le bétonnage par pompe avec 125 m de tuyaux. Rien de générique : chaque annotation répondait à une contrainte du site.
Pour quel type d'entreprise ?
Un plan de masse du DCE annoté à la main, lisible et précis, vaut mieux qu'un PIC générique bien dessiné. Le correcteur cherche la preuve que vous avez compris ce chantier, pas un modèle.
Le PIC générique, recopié d'un autre chantier. Il se repère immédiatement : accès qui ne correspondent pas au site, base vie posée sur un espace vert à conserver, grue sans rapport avec les hauteurs du projet.
Oublier les tiers. Riverains, usagers d'un bâtiment occupé, piétons sur le trottoir : leur protection et leurs cheminements doivent apparaître sur le plan.
Occuper la voie publique sans le prévoir. Une benne, une palissade ou une zone de livraison sur la voie publique demande une autorisation de la commune ; une grue qui survole la voie ou des propriétés voisines se prépare elle aussi. Le PIC doit le signaler.
Ne jamais le mettre à jour. Un PIC figé au démarrage ne correspond plus au chantier trois mois plus tard. Prévoyez une version par grande phase.
Le PIC, ou plan d'installation de chantier, est le plan qui montre l'organisation du chantier sur le terrain : clôtures, accès et circulations, base vie, zones de livraison et de stockage, levage, réseaux provisoires, déchets et protection des tiers.
Dans les marchés qui appliquent le CCAG Travaux, le projet des installations de chantier fait partie des documents présentés au maître d'œuvre pendant la période de préparation. Beaucoup de règlements de consultation le demandent aussi dans le mémoire technique. Il est de toute façon indispensable pour coordonner les entreprises et protéger les tiers.
L'entreprise chargée des installations générales : souvent le lot gros œuvre ou l'entreprise mandataire dans un marché en lots séparés, l'entreprise générale sinon. Chaque lot le complète pour ses propres besoins, en cohérence avec le plan général de coordination du coordonnateur SPS.
Le PGC, plan général de coordination, est rédigé par le coordonnateur SPS : il fixe les règles de sécurité communes du chantier. Le PIC est le plan graphique de l'organisation du chantier, établi par l'entreprise, qui doit respecter ces règles.
Un plan de masse du DCE annoté suffit souvent pour un mémoire technique, à la main ou sur un logiciel de dessin. Pour un grand chantier, il se dessine en DAO à l'échelle, avec une version par phase.